L’Amérique latine et la tentation totalitaire (26/11/2009)Le Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs, réuni à Barcelone, Catalogne, les 19 et 20 novembre 2009 : Le livre de Fredrich Hayek, La Route de la servitude, s’ouvre sur une citation de David Hume: “It is seldom that liberty of any kind is lost all at once” (Quel que soit son type, il est rare que la liberté disparaisse d’un seul coup), ce qui s’applique bien à la description de certains pays d’Amérique latine engagés sur la voie “Bolivarienne”. Il ne s’agit pas seulement de Cuba, qui continue à vivre sous le totalitarisme. Les citoyens du Venezuela, de Bolivie, d’Équateur et du Nicaragua sont également exposés à la menace permanente de perdre tous leurs droits civils et toutes leurs libertés. Sur les pas de Fidel Castro, Hugo Chávez Frías a été le premier à entamer un processus de construction du “socialisme du 21ème siècle”. Après avoir tenté plusieurs années de saper l’Etat de droit, ses efforts ont abouti à la nouvelle Constitution vénézuélienne. Ce texte constitue une violation du principe de séparation des pouvoirs qu’il concentre dans les mains du président de la République (qui menace de rester à la tête de la Révolution jusqu’en 2019 !), modifie la structure territoriale de l’Etat et la moule selon un modèle idéologique et militaire. Maintenus à l’écart des réformes constitutionnelles, les opposants politiques sont soumis à un harcèlement permanent. Certains d’entre eux, comme l’homme d’affaires Emilio Cedeño, ont été emprisonnés sans jugement. D’autres comme Leopoldo López, le maire de Chacao, ont vu leurs droits politiques réduits par l’interdiction de se présenter aux élections. D’autres encore, comme l’ancien candidat à la présidence Manuel Rosales, sont partis en exil. Il y a également ceux qui, comme le leader étudiant Nixon Moreno, doivent vivre dans la clandestinité. N’oublions pas non plus le maire de Caracas, Antonio Ledesma, qui ne peut pas exercer les fonctions pour lesquelles il a été élu par la population. En outre, la stratégie de Chavez soumet les médias à une énorme pression. Radio Caracas Televisión a été fermée. D’autres stations sont soumises à toute sorte de menaces et à une concurrence déloyale de la part des médias contrôlés par l’Etat. Les entreprises et le droit à la propriété sont également attaqués par les nationalisations et extorsions en tout genre. Les producteurs de riz, les usines métallurgiques, les banques et la totalité du secteur pétrolier ont d’ores et déjà été nationalisés, qu’il s’agisse de sociétés vénézuéliennes, japonaises, mexicaines ou européennes. Les syndicats ont également été remplacés par des comités sous contrôle gouvernemental. Cependant, la préoccupation majeure concerne la nouvelle Loi sur l’Enseignement qui confère un contrôle idéologique à des Controladores de Pensum présents dans les écoles, qu’elles soient publiques ou privées. Le 5 septembre, des milliers de personnes ont manifesté contre cette loi. Le Chavisme n’est toutefois que l’expression la plus marquée d’une dérive vers le totalitarisme. Le discours d’une grande partie de l’Amérique latine vise à discréditer la démocratie représentative au profit d’une démocratie populaire. Avec ou sans nuances indigènes selon la latitude, la démocratie vire ainsi vers l’autoritarisme et le totalitarisme. Les présidents de différents pays ont poussé à des réformes constitutionnelles qui leur permettraient de rester au pouvoir, de Correa en Équateur, qui y est arrivé, à Zelaya au Honduras, qui a échoué. En Bolivie, tout comme au Venezuela, les partisans du président Evo Morales ont constitué une force paramilitaire qui intimide les membres de l’opposition et occupe les terres et les usines. Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a adopté le même modèle, et à Managua, Eduardo Montealegre, tout comme son confrère de Caracas, est incapable d’exercer ses fonctions de maire, bien qu’il ait remporté les élections municipales. La dérive vers l’autoritarisme ne se limite toutefois pas à ces pays. La stratégie de cette gauche dogmatique et militariste vise l’ensemble du continent. En s’appuyant sur le pouvoir en place ou par d’autres moyens ; de l’Argentine au Mexique, des forces issues d’un populisme ultradémagogique lancent une série d’assauts contre les droits fondamentaux et les libertés individuelles. Face à cette expansion de la gauche dogmatique qui met en danger les libertés individuelles, les Libéraux européens adoptent la position suivante : - En collaboration avec les libéraux de toutes les nations libres, nous ne devons ni baisser la garde ni reculer. - Nous devons soutenir avec détermination nos amis libéraux d’Amérique latine dans la défense des libertés et des droits démocratiques à travers tout le continent. - Nous devons élever la voix, par différents moyens, contre la menace totalitaire afin de l’endiguer et d’y apporter des réponses démocratiques dans chacun des pays concernés. - Nous nous engageons à défendre le principe que les relations diplomatiques entre nos pays respectifs et les régimes bolivariens doivent inclure la défense des principes démocratiques. - La défense de la liberté individuelle en Amérique latine doit faire partie intégrante du programme du Parti ELDR. La liberté de tout homme, de toute femme et de tout peuple est un sujet qui nous concerne tous. |
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