Agriculture et changement climatique (26/11/2009)Le Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs, réuni à Barcelone, Catalogne, les 19 et 20 novembre 2009 : Reconnaissant que : - L'agriculture mondiale, responsable de près de 7% des émissions de CO2 a une empreinte carbone importante et émet également d’autres gaz à effet de serre, dont le méthane et l’oxyde nitreux. - La production agricole elle-même est touchée par le changement climatique, particulièrement dans les zones à faible rendement qui subissent températures élevées et sécheresses. - L'augmentation de la population mondiale, laquelle a quasiment triplé en cinquante ans, implique une pression grandissante sur l'agriculture pour qu’elle soit en mesure de répondre à cette demande. Le rythme actuel de la croissance démographique n'est pas viable. - Les puits de carbones et les habitats naturels sont menacés et détruits dans le but d’augmenter la production agricole. - L’augmentation de la production agricole par un rendement plus élevé ou par l’utilisation de toutes les terres vierges n’est pas viable car elle accélèrerait le changement climatique et affecterait les habitats naturels et la biodiversité. - Les politiques telles que la PAC ou les politiques agricoles d’autres pays ont souvent entravé la production dans des pays trop pauvres pour soutenir leur propre agriculture et ont mené à l’abandon de terres. - Le retour de ces terres à l’agriculture constitue un potentiel important, bien qu’insuffisant, pour l’augmentation de la production et doit donc être encouragé. - La production agricole dans le monde y compris en Europe, a pour objectif d'assurer la sécurité alimentaire mondiale. L’autarcie des pays individuels n’est ni réalisable, ni souhaitable et la question de la sécurité alimentaire mondiale doit trouver une réponse au niveau international. - L’augmentation de la production doit passer par les terres actuellement disponibles ou abandonnées, et par les avancées technologiques. Les pratiques de transfert doivent jouer un rôle prédominant dans l’amélioration du rendement afin que les besoins futurs en produits agricoles soient couverts. En appelle ainsi : - Aux négociateurs de l’UE dans les négociations commerciales à l’OMC, de soutenir la libéralisation du marché de l’agriculture, sans négliger les aspects non-commerciaux liés à l’agriculture. - A la fin immédiate de tous les subsides à l’exportation des produits agricoles et à la disparition progressive des barrières tarifaires, en prenant soin d’éviter de possibles impacts négatifs dans les domaines tels que la sécurité alimentaire. - Aux principaux pays exportateurs de nourriture pour qu'ils cessent d'interférer dans les exportations afin de contrôler les prix sur leur territoire. - À l’introduction de critères environnementaux dans les directives de l’OMC afin de sauvegarder les habitats naturels et les puits de carbone sans encourager le protectionnisme. - À l’élaboration de critères de viabilité reconnus de façon internationale pour la production de denrées alimentaires telles que le soja, l’huile de palme dans les anciennes forêts vierges ou l’élevage de crevettes dans les mangroves, selon les modèles déjà établis pour les énergies naturelles ou les produits forestiers, freinant ainsi la destruction d’autres puits de carbone provoquée par la déforestation des forêts vierges. - À une réforme de la PAC afin de minimiser ses effets négatifs sur la production agricole en dehors de l’Union Européenne mais également pour éviter l’abandon des terres à grande échelle en Europe et le dumping de marchandises. - Aux représentants de l’Union Européenne pour qu’ils influent sur les autres pays (particulièrement les États-Unis et les pays de l’ALENA) afin que ces derniers renoncent au protectionnisme et qu’ils établissent des réformes réciproques de leurs politiques agricoles. - A ce que les budgets d’aide de l’Union Européenne favorisent la reprise de la production agricole et de la reforestation dans les pays bénéficiaires grâce au transfert des technologies pour de meilleures pratiques agricoles et à la ré-exploitation des terres abandonnées. - Aux législateurs européens pour qu’ils reconnaissent que des avancées technologiques fiables et viables, et que des méthodes optimisées sont indispensables à l’augmentation des rendements et à la réduction des gaz à effet de serre émis par l’agriculture. Une attention particulière doit être portée à la promotion d'une utilisation plus importante de semences variées, oubliées ou sous-utilisées. - Aux négociateurs européens participant aux débats de Copenhague sur le changement climatique pour qu’ils s’assurent que les dispositions prises permettront l’augmentation de la production agricole mondiale dans le cadre de la réduction des gaz à effet de serre, pour qu'ils garantissent une réduction d'au moins 75 % des émissions mondiales dues à la déforestation d’ici 2020 et pour qu'ils cherchent à réduire de moitié l’empreinte carbone de la production alimentaire mondiale d’ici 2050. - À l’Union Européenne pour qu’elle s’allie aux pays intéressés afin d’établir un système international de réserves alimentaires tout en prenant soin de ne pas affecter le marché des denrées agricoles. - A des initiatives européennes de formation et de conscientisation à propos du changement climatique, de l’épuisement des ressources, du développement durable et de l’adaptation ; ainsi qu’à l’éducation des filles et des femmes et à un accès libre à des services de planning familial et de santé sexuelle et génésique[i] pour toutes celles qui le souhaitent. NdT : Génésique : relatif à la fonction sexuelle reproductrice. |
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