résolution ADOPTEE PAR LE
congrès ELDR, Berlin, 18-19 octobre 2007
Darfour
L’ELDR constate :
L’adoption opportune et bienvenue de la résolution 1769 du Conseil de sécurité des Nations unies le 31 juillet 2007, autorisant la création d’une mission conjointe de l’Union africaine et des Nations unies au Darfour (MINUAD), prévoyant le déploiement de 26 000 soldats et de forces de police d’ici la fin de l’année 2007 ;
1. Les graves violations des droits de l’homme qui continuent d’être perpétrées par toutes les parties au conflit contre la population civile dans la région du Darfour et qui sont dénoncées dans le rapport préliminaire du Rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme des Nations unies et de prendre note du rapport complet qui doit être publié par le rapporteur spécial en septembre 2007 ;
2. L’échec du gouvernement soudanais à réagir à la détérioration des conditions vécues par plus de deux millions de civils qui ont été déplacés dans le pays en raison du conflit persistant dans la région du Darfour, conflit encore exacerbé par les tensions avec le Tchad ;
3. L’échec du gouvernement soudanais à prendre des mesures pour mettre fin à la fois aux violences sexuelles et au recrutement d'enfants soldats ;
4. L’échec du gouvernement soudanais à assurer la sécurité et une protection appropriées de la population civile, et en particulier des femmes, enfants et travailleurs des organisations humanitaires contre la violence permanente perpétrée par toutes les parties au conflit ;
5. L’échec du gouvernement soudanais à porter devant la justice toutes les personnes responsables des violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme, y compris les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide ainsi que son échec à coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale;
6. L’échec du gouvernement soudanais à coopérer pleinement et à faciliter le soutien et l’aide humanitaires en introduisant des mesures de retardement et des obstructions sous la forme d’exigences bureaucratiques et administratives ;
7. La reconnaissance par la communauté internationale et le Conseil de sécurité que la situation au Darfour représente une menace à la paix et à la sécurité internationales et la reconnaissance de la situation comme « génocide » par le Congrès américain.
L’ELDR croit :
1. Que la paix et la sécurité à long terme pour le peuple du Darfour ne peuvent être obtenues sans une solution de paix durable entre toutes les parties au conflit ainsi que la région dans son ensemble;
2. Qu’une paix à long terme dans la région du Darfour au Soudan doit être recherchée par le biais de la coopération multilatérale sous les auspices des Nations unies et de l'Union africaine ;
3. Que l’Union européenne possède une obligation morale d’intervenir en cas de graves violations des droits de l’homme ;
4. Que la nature et l’étendue des graves violations des droits de l’homme au Darfour est assimilable à un génocide ;
5. Que la crise humanitaire actuelle ne peut être correctement résolue qu’avec le déploiement complet d’une force MINUAD correctement financée par les États membres des Nations unies ;
6. Que sans un effort concerté de la communauté internationale et de la société civile visant à mettre la pression sur le gouvernement soudanais et les gouvernements respectifs des États membres des Nations unies afin de respecter le calendrier ambitieux pour le déploiement d'une force hybride UA/ONU, la situation humanitaire continuera de se détériorer dans la région ;
7. Que l’expulsion par les États membres de l’UE des demandeurs d’asile du Darfour vers le Soudan est déplorable et inacceptable dans le climat actuel.
L’ELDR décide de :
1. Utiliser les ressources de ses partis membres, partis au gouvernement et de l’opposition et autres pour faire pression sur les organes législatifs et exécutifs respectifs et sur l’Union européenne afin de garantir que leur engagement envers la résolution 1769 du Conseil de sécurité des Nations unies sera pleinement et rapidement respectée et de garantir que les autres membres des Nations unies fassent de même ;
2. Utiliser les ressources de ses partis membres, partis au gouvernement et de l'opposition et autres pour faire pression sur leurs organes législatifs et exécutifs respectifs afin d'utiliser tous les moyens économiques et diplomatiques disponibles pour mettre fin à la crise au Darfour ;
3. Entamer un dialogue avec les gouvernements chinois et russes en exprimant nos vives inquiétudes concernant le désastre humanitaire persistant dans la région du Darfour et tenter d’obtenir leur engagement à assurer que le gouvernement soudanais respecte pleinement ses obligations internationales ;
4. Appeler ses partis membres à initier et à faire pression pour une grande campagne de désinvestissement pour imposer un embargo économique de facto au gouvernement soudanais ;
Veiller à ce que cette question soit pleinement débattue lors du prochain congrès afin de réaffirmer l’engagement tout particulier de l’ELDR à mettre fin au conflit dans la région soudanaise du Darfour et plus généralement, de réaffirmer son engagement à défendre les droits de l'homme à travers le monde entier