Le Congrès ELDR, réuni à Ljubljana, du 26-28 septembre
2001,
Considérant que plus d’un milliard d’êtres humains
dans le monde disposent pour survivre de moins d’un dollar par jour et
que les différences entre les pays et les personnes pauvres et riches
continuent à croître;
Considérant que la situation sanitaire dans les pays en voie de développement
se détériore – en partie à cause des mauvaises conditions
économiques – et que le virus HIV/ SIDA et la malaria constituent
un frein important au développement;
Considérant que de plus en plus d’hommes et de femmes sont contraints
de quitter leur pays et de rechercher ailleurs une vie meilleure;
Considérant que parmi les 34 pays les plus pauvres du monde, 20 sont
actuellement impliqués dans un conflit ou en ont récemment émergé
et que plus particulièrement en Afrique le nombre, l’étendue
et l’intensité des conflits armés a terriblement augmenté
au cours de ces dernières années;
Considérant l’escalade des conflits qu’entraînent
l’augmentation du commerce illicite des armes, la prolifération
des petites armes ainsi que le recours aux enfants soldats et aux armées
mercenaires;
Considérant que les gouvernements d’Afrique sub-saharienne dépensent
quelques 7 milliards de dollars par an pour les dépenses militaires,
ce qui constitue deux fois le montant dépensé chaque année
pour l’éducation primaire;
Le Parti ELDR,
-
exprime sa préoccupation quant à la détérioration
de la situation politique, économique et sociale dans le tiers monde,
qui mène à davantage de souffrances, de violations des droits
de l’homme et à une plus grande instabilité dans le
monde;
-
prend en considération le fait que les politiques européennes
en particulier celles du commerce et de l’agriculture ont un impact
négatif significatif sur les pays en voie de développement;
-
est d’avis que le développement du tiers monde constitue
un impératif moral mais qu’il y va aussi de l’intérêt
de l’Europe;
-
invite instamment l’Union européenne à faire de l’action
en faveur de la liberté de commerce mondiale une priorité
politique essentielle;
-
invite instamment tous les pays d’Europe, qui ne remplissent pas
encore l’objectif de l’ONU de 0,7% du PNB destiné à
l’aide internationale au développement, à le remplir
d’ici 5 ans;
-
invite instamment tous les pays d’Europe à donner dans leur
aide au développement, une priorité importante à la
lutte à long terme contre la pauvreté ;
-
Est d’avis que la lutte contre la pauvreté doit inclure des
stratégies visant à permettre aux secteurs public et privé
des pays en voie de développement de parvenir à un potentiel
et une croissance économiques locaux;
-
invite instamment l’UE à œuvrer au sein de l’OMC
à accroître l’accès préférentiel
pour les pays en voie de développement aux marchés des pays
industrialisés et à tenter d’inclure dans les objectifs
de l’OMC la lutte contre la pauvreté ;
-
invite instamment l’UE à inclure l’agriculture, qui
fait partie intégrante de l’économie en général,
dans les règles de l’OMC régissant le libre échange
et d’une façon générale, à abolir les
barrières au commerce, en en faisant une question de principe, afin
d’établir le libre échange international, qui ne serait
limité que pour des raisons de sécurité alimentaire,
santé publique et standards de qualité;
-
invite instamment l’UE à mettre en oeuvre la nouvelle politique
de commerce basée sur "tout mais pas des armes", avec les
pays les moins développés en 2004 et non en 2009 comme décidé
préalablement;
-
invite instamment l’UE à donner une priorité plus
importante à la lutte contre le virus HIV/SIDA, la malaria et autres
maladies largement répandues, ainsi qu’à l’aide
au développement et aux sujets liés au commerce (TRIPS) comme
l’accès à la médecine à un prix équitable.
Il faut également porter notre attention sur le développement
de vaccins et d’autres interventions contre ces trois maladies, en
particulier par la mise en place de la capacité pour les pays en
voie de développement de préparer (essais cliniques, questions
éthiques) et procéder à des campagnes de vaccination.
Les structures et organisations des pays en voie de développement,
qui sont efficaces, telles que les réseaux panafricains ou d’autres
réseaux régionaux, doivent être aidés afin de
garantir un réel partenariat entre la CE et les pays en voie de développement;
-
Considère que l’on doit pouvoir faire dépendre l’octroi
de l’aide au développement de la mesure dans laquelle les pays
en voie de développement développent une bonne gouvernance
et respectent les droits de l’homme, c’est pourquoi, à
l’exception de l’aide aux secteurs de l’éducation
et de la santé, l’aide au développement de l’UE
devrait plus particulièrement soutenir la mise en place d’institutions
efficaces dans ces pays afin d’améliorer le fonctionnement
de leursgouvernements;
-
invite l’UE et ses pays membres à travailler à une
annulation plus rapide et plus globale de la dette des pays pauvres dans
le cadre d’une initiative HIPC (pays pauvres lourdement endettés)
étendue.
-
invite l’UE et les pays membres à faire campagne au sein
du FMI et de la Banque Mondiale afin d’adoucir les programmes d’ajustement
structurel destinés aux pays en voie de développement afin
de laisser une plus grande latitude financière pour des investissements
dans le développement social.
-
invite instamment l’Union européenne, en particulier parce
que l’Union européenne est le principal acteur au monde en
terme d’aide extérieure, à lutter contre la corruption
et l’inefficacité dans l’administration de ses programmes
de développement;
-
Considère que tant que les pays en voie de développement
dépensent des sommes disproportionnées pour le secteur de
la défense cela empêche leur développement, et invite
instamment l’Union européenne à tenir compte des dépenses
militaires visiblement excessives lors de la décision sur l’aide
au développement à un pays particulier;
-
Invite instamment les Etats membres de l’Union européenne
à arrêter, en particulier – en accord avec le code de
conduite sur les exportations d’armes de l’UE – toute
exportation d’armes vers les pays en voie de développement
dans lesquels des tensions politiques et sociales menacent de devenir ou
sont déjà devenues des conflits ouverts
-
Considère que la propriété par les pays partenaires
et une collaboration étroite avec les acteurs de la société
civile dans la planification et la mise en œuvre de la politique de
développement de l’UE constituent des conditions préalables
à une coopération au développement orientée
vers un partenariat;
-
est convaincu que les droits de l’homme doivent constituer un élément
impératif dans les stratégies de croissance et la lutte contre
la pauvreté et demande, en particulier, que le FMI mette d’avantage
l’accent sur les droits de l’homme dans ses politiques
-
est convaincu que la globalisation constitue un élément
positif majeur pour le développement des pays pauvres mais cela doit
s’accompagner de réformes internes permettant les investissements,
source essentielle de croissance.