Séminaire du Mouvement Européen International sur la « Stratégie Europe 2020 »eldr, lundi 8 mars 2010 11:39 ::
Hier la Commission européenne a publié la version officielle de la fameuse « Stratégie Europe 2020 », considérée comme le plan destiné à installer une croissance économique durable en Europe au cours des dix prochaines années. C'est dans ce cadre que le Mouvement Européen International a organisé un briefing sur ce sujet réunissant d'importants intervenants, parmi lesquels des représentants des trois principaux partis politiques européens. La Présidente du Parti ELDR et Députée européenne Annemie Neyts-Uyttebroeck représentait les libéraux européens dans ce débat, en compagnie du Président du PSE Poul Nyrup Rasmussen et du représentant du PPE, le Député européen suédois Gunnar Hökmark. Le briefing sur la Stratégie Europe 2020 a permis aux représentants d'exposer leur vision, leur conception et leurs priorités pour la décennie à venir, mais aussi de s'interroger pour savoir si la stratégie actuelle de l'UE est la plus adaptée pour permettre de les réaliser. Vous trouverez de plus amples informations sur la Stratégie Europe 2020 dans notre Bulletin ELDR, dans lequel nous vous en proposons une analyse approfondie. Dans un discours très concret et sans concessions, la Présidente Neyts-Uyttebroeck a souligné plusieurs des conclusions exposées dans le Bulletin et n'a pas mâché ses mots. Elle a d'abord passé en revue la Stratégie de Lisbonne et a conclu en déclarant que ce n'était "rien d'autre qu'un lamentable échec" causé principalement par le fait que ses "objectifs et stratégies étaient illisibles et ennuyeux ... et caractérisés par les projets égoïstes de chacun des quinze dirigeants". Avec à l'esprit le souvenir de l'échec que constitua cette stratégie sur dix ans, il est normal de ressentir un certain scepticisme face au lancement de cette nouvelle stratégie apparemment très similaire. Les défis auxquels l'Europe est et sera confrontée dans les années à venir, nécessitent une action concrète et réalisable et on ne peut pas se permettre de les prendre à la légère: « ce ne sera qu'en quittant cette mentalité de classe maternelle que nous y parviendrons » (et en cessant de faire passer nos priorités nationales et égoïstes avant des plans d'action cohérents), a conclu Neyts-Uyttebroeck. Se tournant vers l'avenir et s'appuyant sur sa vaste expérience elle a appelé les leaders européens à être à la fois audacieux et optimistes et à cesser de douter du potentiel de l'Europe: "Au cours des trente dernières années, j'ai entendu des prédictions selon lesquelles l'Europe devra changer pour éviter d'être dépassée par d'autres. La seule chose qui changeait était le nom du pays supposé nous surpasser. Les gens ont cité le Japon et la Chine pendant des années. Maintenant, de plus en plus de gens citent la Russie et l'Inde. Mais, cela ne s'est pas produit. L'UE doit se concentrer sur ce qu'elle fait bien - et doit rester optimiste en ce qui concerne le potentiel de l'Europe ". C'est pour cette raison que même si la Stratégie Europe 2020 n'est pas optimale, elle est celle choisie par la Commission européenne et il nous faut en tirer le meilleur parti possible. La crise financière a clairement mis en lumière le besoin urgent de réformes et de coopération transfrontalière. Elle a également montré à ceux qui en doutaient encore à quel point les états membres sont maintenant interconnectés, raison pour laquelle les sentiments protectionnistes et nationalistes, ce que les libéraux ont indiqué depuis longtemps, ne fonctionnent tout simplement pas. C'est également la raison pour laquelle le Marché Unique est essentiel pour inverser la tendance et renforcer la croissance. Le problème inhérent à des stratégies sur dix ans, est que cela entraîne une dilution de la responsabilité politique. C'est pourquoi, il serait plus logique que la Commission soit rendue responsable au cours de ce premier mandat, des progrès réellement effectués. Le mandat de cette nouvelle Commission court jusqu'en 2014. Il serait souhaitable de pouvoir procéder au moins à une, mais de préférence à deux évaluations de suivi au cours de ce terme, afin de procéder à des ajustements proactifs pour qu'elle en faire un succès, plutôt que simplement réactiver des stratégies de gestion de crises. Quel que soit le format général, il nous faut nous mettre au travail immédiatement. L'UE ne peut se permettre dix autres années de d'impasse politique et économique - elle ne peut pas non plus se permettre que ses états membres commencent si modestement qu'il s'avère nécessaire de la relancer après cinq ans comme cela a été le cas pour la Stratégie de Lisbonne. Dans ce cadre, le thème choisi pour ce briefing était on ne peut plus approprié: en effet l'Europe doit revoir ses ambitions à la hausse. On ne peut qu'espérer que la Commission a choisi la bonne stratégie pour y parvenir. On ne peut se permettre de renouveler l'expérience d'une stratégie vouée à l'échec. |
CalendrierArchives
|