Le secrétaire aux relations internationales de CDC, Carles Llorens, a introduit la conférence en déclarant: “Nous ignorons la réalité de l’Afrique. Oui c’est bien le mot: nous sommes ignorants de ce qui touche à l’Afrique! L’Afrique, ne constitue pourtant plus cette réalité lointaine que nous ne voyions qu’au cinéma. L’Afrique est aussi ici! Des milliers d’africains vivent dans nos villes et nos villages. Ils seront un jour des citoyens de Catalogne et il nous faut donc mieux connaître cette réalité". C’est dans ce but que la conférence a invité à venir s’exprimer des anthropologues et de experts dans le domaine de la coopération et de l’immigration.
Le leader de Convergència, Artur Mas, qui a ouvert la conférence, a rappelé son engagement en faveur du continent africain au temps où il était Premier Ministre de Catalogne, mais aussi son récent voyage au Sénégal, où de la main du Président Abdoulaye Wade, il a reçu le plan "Emigration Zéro". Artur Mas a affirmé qu’il comptait faire du continent africain "une priorité dans la politique internationale de la Catalogne". Il s’est engagé "à voyager une fois par an en Afrique" quand il arrivera à la présidence du gouvernement catalan; non seulement pour ce qui concerne la coopération mais également accompagné d’hommes d’affaires qui croient dans le continent noir.
L’oratrice la plus impressionnante était Mme Yayi Bayam Diouf, plus connue sous le nom de ‘mère courage’, porte-parole du collectif des femmes contre l’émigration clandestine, une association qui – sur les plages du Sénégal – tente d’empêcher les très jeunes gens de se lancer dans un voyage sans retour, comme celui qui a mis brutalement fin à la vie de son fils. Yayi Bayam a lancé un appel "à faire confiance à la société africaine et en particulier aux femmes". Elles constituent – a-t-elle expliqué – un facteur de stabilité et seraient des interlocutrices plus adaptées que ceux qui existent actuellement dans les gouvernements. Elle a défendu les microcrédits et les autres aides qui a-t-elle ajouté doivent aller directement à la société civile et non à certains gouvernements qui "ne font rien pour éviter que les jeunes risquent leur vie en cherchant un passage vers le continent européen".
La conférence s’est clôturée avec l’intervention de Louis Michel, Commissaire européen en charge du développement et de l’aide humanitaire de 2004 à 2009. Michel a présenté une radiographie de la situation actuelle et a défendu l’idée que l’Afrique et l’Europe étaient des alliés stratégiques, comme il l’explique d’ailleurs dans son livre où il parle de "l’indispensable alliance". Le Député européen a défendu l’idée que le développement devait venir de l’intérieur et ne pouvait uniquement venir de la coopération. "Il ne faut pas continuer avec une politique de charité –a-t-il déclaré – mais ce que nous devons faire c’est nous transformer en partenaires". Il a beaucoup parlé de la présence chinoise en Afrique et a refusé l’idée de “continuer à blâmer le colonialisme pour tous les malheurs de l’Afrique.” Pour Michel, nombre des malheurs de ce continent sont imputables aux élites africaines.